Abstract
<jats:p>En Afrique subsaharienne, l’économie informelle constitue la principale source d’emploi pour plus de 80 % des femmes, faisant de la garde d’enfants un enjeu critique pour leur autonomisation économique et le développement du capital humain. Malgré l'importance de ce secteur, les services de garde existants sont souvent inadaptés aux réalités des travailleuses informelles. Dans ce contexte, le Centre Africain pour le Développement Équitable (ACED) a réalisé une synthèse bibliographique approfondie visant à consolider les connaissances sur les défis, les innovations et les impacts des modèles de garde d'enfants sur le continent. La méthodologie a reposé sur une revue documentaire structurée de la littérature académique et des rapports d'organisations internationales de référence (Banque mondiale, OIT, UNICEF, WIEGO), couvrant des expériences en Afrique (Kenya, Burkina Faso, Afrique du Sud) et à l'international. Les résultats mettent en évidence un décalage structurel entre l’offre formelle, aux horaires fixes et rigides, et les besoins de flexibilité des mères du secteur informel dont les revenus sont souvent faibles et instables. L’étude souligne une fracture économique et qualitative : les services de qualité restent financièrement inaccessibles, tandis que l’offre informelle, bien que plus abordable, souffre d’un manque de régulation et de standards de sécurité. L’analyse documente toutefois des modèles innovants tels que les crèches mobiles, les garderies communautaires et les systèmes mixtes subventionnés qui permettent de lever les barrières de distance et de coût. Les données probantes indiquent que l'accès à une garde adaptée peut augmenter l'emploi féminin jusqu'à 17 % dans certains contextes. Pour le Bénin, les résultats suggèrent la nécessité de sortir d'une vision de la garde comme "problème privé" pour en faire une "responsabilité collective". Les recommandations incluent la création d’un statut juridique simplifié pour les gardiennes communautaires, la mise en place de subventions ciblées (chèques-service) et l’intégration de la garde d’enfants comme composante transversale des politiques de protection sociale et d'emploi. Mots-clés : garde d’enfants, secteur informel, Afrique, autonomisation des femmes, politiques publiques, innovations sociales, Bénin.</jats:p>