Abstract
<jats:p>L’intérêt de Buchon pour la Chronique de Morée l’a amené à développer une version nouvelle et insolite du « philhellénisme ». Cette version ne s’appuie pas tant (ou plutôt pas du tout) sur l’Antiquité grecque mais sur l’histoire médiévale des « États de la Grèce ancienne », notamment parce que cette histoire est liée aux aventures de « nos ayeux les François » en pays grecs. Il s’agit d’un « philhellénisme » compatible avec le patriotisme français, le libéralisme de Buchon, et sa fierté pour les exploits et les conquêtes de ses ancêtres. L’élan initial de ces idées est lié à la publication de la Chronique en 1825, à Paris. Comment Buchon s’engage-t-il dans cette entreprise éditoriale ? Cette étude revisite le contexte dans lequel ce poème médiéval de langue grecque a été publié pour la première fois, et apporte de nouveaux éclairages sur l’environnement culturel qui le provoque. En d’autres termes, on tente de situer l’entreprise de Buchon dans les contextes politiques et historiographiques – français et plus largement européens – concernant le « Moyen Âge » et sa nouvelle signification.</jats:p>