Abstract
<jats:p>Le 7 août 1479, une bataille opposa les troupes bourguignonnes à celles de Louis XI au lieu-dit La Viesville. Là, près de Thérouanne, s’élevait la forteresse d’un lignage dont l’influence grandissante s’abattit sur le bailliage d’Aire, coincé entre Saint-Omer et la Flandre. Cette suprématie reposait sur quatre piliers : assise foncière renforcée par le mariage, services de guerre au roi et au prince, rôle administratif à l’échelon local, responsabilités au sein de l’hôtel. La mobilisation de l’entourage (cadets, bâtards, vassaux, serviteurs et affins) permit au lignage d’établir un réseau d’influence parfois criminel dans lequel racket, détournements, violence et corruption étaient monnaies courantes. Monopolisant tous les postes, imposant l’omerta aux habitants et sa volonté à l’échevinage, le clan emmené par Pierre IV et le bailli Coppin de La Viesville placèrent le territoire sous leur coupe. Même les défunts, enveloppés d’un drap aux armes des La Viesville pour quitter la ville, échappaient difficilement à leur emprise. Dans l’entourage des ducs Valois de Bourgogne, les La Viesville tiennent une place à part. L’un d’eux, véritable paladin, fut chambellan de Louis d’Orléans et de Jean sans Peur avant de périr glorieusement sur le champ de bataille en portant la cotte d’armes de Philippe le Bon. Un autre commanda la garde de Charles le Téméraire après avoir tranché la main d’un ambassadeur, tandis que l’héritière épousa le Grand Bâtard Antoine, propulsant le lignage dans la famille princière. Cette époque tourmentée, sur fond de pestes et de Guerre de Cent Ans fut l’ère des La Viesville.</jats:p>